Coïncidant avec la sortie de son nouveau livre 12 règles pour la vie: un antidote au chaosLe Dr Jordan B. Peterson s'est entretenu avec moi plus tôt cette semaine à New York pour me fournir de nouvelles perspectives puissantes sur la transition historique du sacrifice des autres au sacrifice de soi. Nous avons exploré comment démanteler la violence des foules et vaincre les chasses aux sorcières ; sa réponse à sa récente interview controversée avec Cathy Newman de Channel 4, et comment l'imitation du Christ peut sauver notre civilisation. En cours de route, le Dr Peterson a exploité les synergies entre ses propres idées et le travail anthropologique révolutionnaire du regretté René Girard et sa théorie mimétique.
Réflexions sur l'entretien
Les Grecs de l'Antiquité avaient un mot pour antidote, pharmakos, qu’ils utilisaient beaucoup comme remède au chaos. Dans le rituel du pharmakos, une personne difforme, faible ou mentalement malade était invitée à dîner comme un dieu, promenée dans les rues, puis assassinée rituellement à l’extérieur de la ville. Il est facile pour nous, modernes, de revenir sur ces rituels et de ricaner devant la barbarie primitive de tout cela. Pourtant, pour les Grecs, c’était bien un transfert nécessaire d’une agression et d’un ressentiment refoulés avant qu’ils ne dégénèrent en chaos incontrôlable. En d’autres termes, comme l’a dit le Grand Prêtre qui a dirigé le complot visant à exécuter Jésus Caïphe, il vaut mieux qu’un seul homme meure que toute la nation ne périsse.
Aujourd’hui, nous voyons clairement que l’antidote du monde antique au chaos – la violence collective contre une personne innocente (ou du moins pas plus coupable que quiconque des tensions sociales) – n’est rien d’autre que la folie des foules et la recherche de boucs émissaires. Nous pouvons le voir grâce au prisme que nous offre la Bible après deux millénaires de récits et d’éthiques qui éclairent notre perspective.
Dans les Évangiles, comme René Girard nous aide à comprendre que nous assistons à l’inauguration d’une révolution de la personnalité dans laquelle chaque être humain est transformé en temple sacré méritant amour et respect. Dans les récits évangéliques de sa passion, Jésus arrache la caméra de l’histoire mythique à la collectivité persécutrice toujours à la recherche d’un bouc émissaire et dépouille la foule de tout son pouvoir. Ce ne sont pas les dieux ou, dans notre cas moderne, l’idéologie, qui exigent la coercition et la violence, mais des gens mesquins, possédés par la foule, aveuglés par la peur et l’envie.
C'est dans cette veine que Peterson 12 Règles pour la vie Cette phrase résonne si fortement dans notre culture actuelle. Chacun des douze axiomes est centré sur le sacrifice de soi plutôt que sur le sacrifice d’autrui – un nouvel antidote radical au chaos, bien plus dangereux et puissant que l’antidote du sacrifice violent qui a façonné nos racines ancestrales.
Le défi humble de Peterson à l’agression collective déguisée en victime est au service de la révolution de la personnalité de Jésus : la simple idée qu’au lieu de sacrifier vos voisins et de les blâmer pour le chaos que vous ressentez, il vaut mieux sacrifier votre propre fierté, ranger votre propre chambre et résister à l’envie de rendre l’agression et l’insulte à ceux qui cherchent à vous faire du mal. En bref, il vaut mieux que nous cessions d’imiter inconsciemment Caïphe parce que la vieille prescription du pharmakos a dépassé son expiration. Nous n’avons plus besoin de nous accrocher à nos identités de groupe collectives (race, sexe, ethnie, etc.) pour façonner des lois comme un outil de vengeance contre ceux que nous craignons et détestons. Nous pouvons plutôt crucifier le monstre qui est en nous.
Ce qui a fait la grandeur de l’Occident, c’est cette simple vérité : Dieu désire la miséricorde, pas le sacrifice. L’être humain est sacré dans son corps, son esprit, sa parole et, par extension, dans les fruits de son travail. Aucune idéologie ni aucune chasse aux sorcières ne peuvent altérer la beauté et la dignité de l’individu, quelle qu’elle soit.
Les rencontres de Peterson avec des foules en colère et zélées continuent de capter l'esprit du temps dans le monde entier, car dire la vérité a un pouvoir magnétique. Tout comme les auteurs des Évangiles ont dit la vérité selon laquelle Jésus, l'unique, était innocent et ne méritait pas la violence de la majorité, les caméras des téléphones intelligents démasquent et neutralisent le pouvoir des gens possédés par les foules qui hurlent dans les oreilles de Peterson alors qu'il continue de proclamer pacifiquement la dignité de la personne.
Peterson aime dire aux gens de ranger leur chambre avant de chercher à imposer leur volonté à la société. Ce principe découle de l'idée qu'il ne faut pas condamner son frère pour la paille dans son œil alors que nous avons une planche dans le nôtre. En nettoyant nos chambres collectivement, nous continuerons à trouver les os cachés de nos victimes sacrificielles, passées et présentes. Nous verrons la barbarie des foules qui votent en exigeant des lois qui initient la violence contre des personnes pacifiques pour des comportements non violents tels que la consommation de drogue, les vices ou les hérésies de la parole, comme la résistance de Peterson à la loi canadienne C-14 sur les pronoms transgenres.
Rejetez l’impulsion tyrannique de la gauche et de la droite. L’antidote au chaos est d’aimer son prochain comme soi-même. Profitez de l’interview et diffusez le message.


