Une vie cachée est le dernier film du réalisateur légendaire Terrence Malick. Il raconte l'histoire vraie de l'objecteur de conscience autrichien Franz Jägerstätter, son combat contre le régime nazi et sa lutte face à la persécution. Il nous offre également quelques-unes des plus belles méditations sur la beauté, le courage, la moralité et la foi.
Au début du film, nous découvrons la beauté pittoresque de la campagne autrichienne, où vivent Franz et sa famille, à travers la vaste photographie si typique des films de Malick. Nous voyons Franz Jägerstätter et sa femme Fani travailler dans les champs, discuter avec leurs voisins et leurs proches et jouer avec leurs enfants, nous faisant comprendre que la vie des Jägerstätter est très simple, et pourtant belle et intime dans sa simplicité.
Ensuite, nous voyons, grâce aux actualités, qu'Adolf Hitler est devenu chancelier de l'Allemagne et que les nazis ont pris le pouvoir. La menace de guerre plane désormais sur l'Europe. Franz est enrôlé dans l'armée et c'est là qu'il apprend l'invasion de la France et d'autres pays européens par l'Allemagne grâce à des images de propagande. L'agression de sa patrie envers ses voisins le déçoit et, finalement, l'idéologie génocidaire d'Hitler convainc Franz que les dirigeants de son pays sont devenus véritablement mauvais.
Franz doit maintenant choisir entre devenir un participant actif aux maux du gouvernement de son pays ou refuser et tenir bon. Il choisit la deuxième option.
Franz refuse de contribuer à l'effort de guerre et refuse de payer un groupe de membres du parti qui viennent lui demander des dons pour l'État. Il refuse d'accepter des subventions de l'État. Il devient ainsi la cible de toutes les attentions. Le maire de son village tente de le faire entendre raison, mais Franz refuse. En conséquence, lui et sa famille sont persécutés et ostracisés. Les femmes du village crient même à Fani : « Nos maris sont partis à la guerre. Pourquoi devraient-ils se battre pour te sauver ? »
Lorsque Franz tente d’obtenir le soutien de l’Église, il se heurte à une certaine timidité et à un refus flagrant de s’engager dans la mission du Christ. Le prêtre local l’avertit que les prêtres dissidents sont envoyés dans des camps de concentration et que les processions religieuses sont interdites par l’État. L’évêque lui aussi est réticent à s’engager dans le Christ et déclare que le devoir de Franz est « envers la patrie ».
L’état de l’Église, tel que le montre ce film, est révélateur. Une Église neutralisée, dépourvue de courage, est un instrument de Satan. Une Église qui ne met pas en pratique la parole du Christ mérite la honte ; et pire encore, par son silence, elle participe à la persécution. Une Église qui ne met pas en pratique sa conscience est une Église qui crucifie le Christ une fois de plus. Comme l’a dit Dietrich Bonhoeffer :
Le silence face au mal est en soi un mal : Dieu ne nous tiendra pas pour innocents. Ne pas parler, c'est parler. Ne pas agir, c'est agir.
Dans une scène, un peintre d'église, vaquant à ses occupations, décrit les défis auxquels les chrétiens sont confrontés dans le monde politique d'aujourd'hui. « Nous créons de la sympathie, dit l'iconographe, nous créons des admirateurs. Nous ne créons pas de disciples. » Que signifie « suivre » le Christ ?
Il n'y a pas de chemin vers la paix par la voie de la sécurité. Car la paix doit être osée, elle est elle-même une grande aventure et ne peut jamais être sûre. La paix est le contraire de la sécurité. Exiger des garanties, c'est vouloir se protéger. La paix signifie s'abandonner totalement au commandement de Dieu, ne pas vouloir de sécurité, mais remettre dans la foi et l'obéissance le destin des nations entre les mains de Dieu Tout-Puissant, sans chercher à le diriger à des fins égoïstes. Les batailles se gagnent, non pas avec les armes, mais avec Dieu. Elles se gagnent là où le chemin mène à la croix.
—Dietrich Bonhoeffer
Alors que l'État nazi, précurseur de nos gouvernements bellicistes modernes, a tenté d'instaurer la paix par la coercition et la persécution de la femme et des enfants de Franz Jägerstätter, ce dernier n'a pas fait de même. Au lieu de cela, il a imité Jésus au point d'imiter la Passion du Seigneur lorsqu'il était confronté à la menace d'arrestation et d'exécution. Un disciple du Christ perd volontairement sa sécurité pour l'intérêt des autres. Là où les dirigeants du monde exigent le sacrifice de l'autre, l'imitateur du Christ donne sa propre vie pour l'autre.
En effet, Franz est arrêté pour avoir refusé de prêter serment à Hitler. Sa femme, privée de soutien, est alors laissée à elle-même et à ses trois filles. Pendant cette période, seul l'amour que les deux époux se portent les soutient. La correspondance de Franz et Franziska Jägerstätter nous rappelle les paroles de l'apôtre Paul.
Car je suis persuadé que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations ni les puissances, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en nous. Jésus-Christ notre Seigneur.
(Romans 8: 38-39)
C’est en effet un grand mystère que l’amour qui coule de et en la Divinité puisse se manifester si puissamment à travers des personnes aussi simples.
Une vie cachée, délicatement manipulé par Terence Malick, entrelace magnifiquement les fils du courage, de l'amour et du sacrifice de soi. Le rayonnement du Christ brille dans chacune des images du film. C'est une histoire inspirante qui mérite une vie de réflexion attentive.


